Cette œuvre de René Lemay représente une multitude de cyclistes progressant dans une montée au cœur des paysages des Îles-de-la-Madeleine, au Québec. La composition est construite autour du mouvement collectif des personnages, dont les silhouettes se succèdent dans un rythme visuel rappelant l’effort, le déplacement et l’énergie des routes côtières de l’archipel.
À partir des années 2000, le vélo devient un sujet récurrent dans les dernières années de la pratique artistique de Lemay. Installé à L’Étang-des-Caps, l’artiste voit de plus en plus de cyclistes parcourir les routes vallonnées des îles, phénomène qui transforme progressivement son regard sur le paysage et nourrit une nouvelle série de compositions centrées sur le mouvement humain dans l’espace maritime.
Ici, la montée agit comme élément structurant de l’œuvre. Les diagonales créées par la route et par l’alignement des cyclistes renforcent la sensation d’effort et de progression, tout en donnant à la scène une forte dynamique visuelle. Lemay simplifie les formes afin de privilégier l’impression générale de mouvement plutôt que le détail individuel des personnages.
Fidèle à son approche expressive, l’artiste utilise la couleur et la répétition des silhouettes pour créer un rythme presque musical dans la composition. Les cyclistes deviennent alors autant des figures humaines que des éléments graphiques intégrés au paysage des Îles-de-la-Madeleine.
Cette œuvre témoigne de l’évolution du regard de Lemay dans les dernières années de sa vie, où les scènes maritimes traditionnelles laissent progressivement place à des compositions plus contemporaines inspirées du quotidien, du tourisme et des nouvelles façons d’habiter le territoire.
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