Réflexions sous les étoiles est une œuvre marquante de René Lemay qui a été reproduite dans le cahier spécial consacré à l’artiste publié dans la revue Parcours des arts. Cette publication comprenait notamment des textes du critique d’art John K. Grande, reconnu pour ses écrits sur l’art contemporain et pour ses analyses de l’œuvre d'Armand Vaillancourt.
La composition représente un musicien balinais jouant d’un instrument à cordes traditionnel, probablement un kacapi ou un celempung, instruments emblématiques de plusieurs traditions musicales d’Asie du Sud-Est. Assis au sol, les pieds repliés dans une posture évoquant la méditation et le recueillement, le personnage dégage une impression de calme et d’harmonie qui imprègne l’ensemble de la scène.
Réalisée à une période où René Lemay approfondit ses recherches sur les transparences, l’œuvre se distingue par la superposition de nombreuses couches de couleur. Le corps du musicien, l’instrument et l’arrière-plan semblent émerger progressivement de la matière picturale grâce à un jeu subtil de voiles translucides. Cette approche crée une profondeur particulière et confère à la composition une qualité presque onirique.
Les effets de transparence rappellent les recherches techniques que l’artiste mène au tournant des années 2000, notamment à la suite de ses apprentissages de la laque asiatique. Sans reproduire directement cette technique, Lemay en transpose certains principes dans sa peinture en multipliant les couches de couleur afin de révéler progressivement les formes et les nuances cachées sous la surface.
Le thème de la musique occupe une place importante dans l’œuvre de René Lemay. Tout au long de sa carrière, il peint des jazzmen, des violoncellistes, des contrebassistes et de nombreux musiciens rencontrés lors de ses voyages. À Bali, il découvre une culture où la musique, la danse et les cérémonies religieuses sont intimement liées, une richesse culturelle qui nourrit profondément son imaginaire artistique.
Dans Réflexions sous les étoiles, le musicien devient autant un sujet qu’un symbole de contemplation. Entre la douceur des transparences, la posture méditative du personnage et l’atmosphère silencieuse de la scène, l’œuvre invite à un moment de calme et d’introspection. Elle compte parmi les réalisations les plus abouties de la période asiatique de René Lemay, où se rencontrent harmonieusement musique, spiritualité et recherche picturale.


























