Ce croquis à l'encre et rehaussé de quelques traits d'acrylique réalisé en 1998 à Bali représente deux danseuses balinaises vêtues de leur costume traditionnel. Le gelungan (coiffe) et kain ou sarong noués à la taille, les personnages sont saisis dans le mouvement précis de la danse legong. Le trait rapide et les couleurs chaudes captent l'énergie et la grâce propres à cette forme chorégraphique.
Bali a profondément marqué l'œuvre de René Lemay, qui y a voyagé et vécu plusieurs années. Les scènes de danse, de musique et de vie quotidienne qu'il y observait sont devenues une source d'inspiration récurrente, nourrissant autant ses croquis de voyage que ses grandes toiles à l'acrylique.
La danse legong et ses costumes traditionnels
Le legong est une danse classique originaire de Bali, dont les racines remontent aux cours royales de Gelgel et de Klungkung, étroitement associée au patronage royal et aux performances rituelles. À l'origine réservée au divertissement de l'aristocratie et exécutée à huis clos dans les palais, cette danse s'est progressivement ouverte à un public plus large. Elle se caractérise par des mouvements particulièrement dynamiques, des jeux de doigts délicats et une grande souplesse exigée de la danseuse.
Le costume des danseuses de legong est aussi codifié que la chorégraphie elle-même. Comme pour plusieurs autres costumes de danse balinais, le gelungan, la coiffe, est considéré comme l'élément le plus sacré, la tête étant elle-même perçue comme la partie du corps la plus sacrée. Traditionnellement façonnée en or, cette coiffe est aujourd'hui souvent réalisée en cuir peint en doré et ornée de fleurs de frangipanier. L'ensemble du costume se distingue par son brocart précieux, tandis que le visage des danseuses est intensément maquillé, le tout accompagné par l'orchestre de gamelan pelegongan. Ce sont précisément ces éléments visuels, entre faste et précision du geste, que Lemay a cherché à capter dans ce croquis vif exécuté sur le terrain.


























