Dans Survivance, René Lemay met en scène un personnage qui semble protéger une sphère bleue évoquant la planète Terre. À ses côtés, un buffle et un visage apparaissent dans cette même sphère, comme s’ils participaient eux aussi à cette volonté de préserver un monde fragile. Les trois figures semblent ainsi réunies autour d’un même geste de protection et de collaboration.
Bien que René Lemay ne fût pas croyant, une dimension spirituelle traverse régulièrement son œuvre. Elle est notamment nourrie par ses nombreux voyages en Asie, par sa rencontre avec différentes cultures et par son intérêt pour les traditions et les religions qu’il a côtoyées. Dans Survivance, cette spiritualité ne semble pas renvoyer à une religion précise, mais plutôt à une réflexion sur notre relation au monde, aux êtres vivants et à ce qui nous dépasse.
La question de l’environnement occupe également une place récurrente dans le parcours du peintre québécois. Elle apparaît sous différentes formes dans ses œuvres, parfois à travers des paysages ou des scènes du quotidien, parfois de manière plus symbolique. Ici, la planète représentée comme une sphère vulnérable et les figures qui s’unissent pour la protéger donnent à l’œuvre une portée particulière : celle d’une responsabilité collective envers le monde vivant. Survivance témoigne ainsi de la capacité de Lemay à faire cohabiter son langage figuratif libre avec des préoccupations profondément humaines et universelles.


























